Conférence des Ecoles BJOP sur la perle de Fidji

13.10.2017

Le mercredi 11 octobre dernier s’est tenue aux Ecoles BJOP la conférence sur la Perle de Fidji, présentée par Philippe Bouasse, designer en joaillerie, conférencier et consultant, spécialiste de la perle. Formé lui-même aux Ecoles BJOP (où il a aussi enseigné un temps le design et la création), il mène une carrière internationale avec de nombreuses collaborations en Asie.

La perle est un objet de fascination depuis l’Antiquité. Sa grande rareté en a fait longtemps un symbole de pouvoir pour les monarques et les aristocrates, mais aussi de beauté, d'élégance et de féminité.  Avec l’arrivée de la perle de culture - perfectionnée au Japon au tournant de XXe siècle -  la perle se répand dans le monde entier. Le collier de perles Akoya devient le bijou le plus convoité au milieu du XXème siècle, popularisé par des icônes de la féminité comme Coco Chanel, Marylin Monroe, Jacky Kennedy ou encore Grace Kelly. La perle de culture a connu ensuite de nombreux développements : perles d'Australie, perles dorées des Philippines, perle de Tahiti, perles d'eau douce en Chine... Elle continue de séduire, aussi bien les créateurs de l'univers de la mode que les joailliers.

Les perles de Fidji sont moins connues que celles de Tahiti ou du Japon. Cependant, les eaux des îles Fidji, riches en nutriments, produisent des perles aux couleurs vraiment uniques. Elles sont aujourd'hui appréciées dans le monde entier. La perle des Fidji appartient à la famille des perles d’eau de mer (South Sea pearls) et plus précisément des « black pearls », les perles noires - même si elles sont toutes de couleurs très différentes. Elle est produite par une huître spécifique, la Pinctada Margaritifera variété Typica qui se distingue par les couleurs uniques de sa nacre.

Les fermes perlières sont installées principalement dans la baie de Savusavu, sur l'île de Vanua Levu. La collecte et l’élevage des jeunes huîtres dure de 2 à 3 ans; ensuite celles-ci sont greffées et doivent être cultivées pendant 2 années supplémentaires avant que la perle puisse être récoltée. Cette production longue et minutieuse est également aléatoire car seule une vingtaine de perles « parfaites » seront récoltées sur 1000 huîtres greffées. Les perles seront ensuite triées, mises en lots et vendues aux enchères selon leur lustre (brillance), leur orient (réflexion de la lumière), leur forme, leur surface, leur diamètre et la possibilité de constituer des ensembles (appairage).

Les îles Fidji, chapelet de 330 îles volcaniques, encadrées par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, se sont fortement engagées dans la préservation de cet environnement unique et dans la lutte contre le réchauffement climatique.  Les perles sont produites dans démarche éthique et engagée pour le respect de l’environnement. On parle de «responsible pearl farming », une initiative en partenariat avec le gouvernement et soutenue par la CIBJO, en accord avec les engagements de l'accord de Paris COP21 que les Fidji ont été les premiers à signer. Ce développement d’une perliculture responsable vise à préserver ces milieux fragiles, tout en procurant des sources de revenus aux populations locales.

Changement climatique, cyclones, acidification des océans, montée des eaux, pollution, surpêche, protection des récifs coralliens…, la perliculture fidjienne est soumise à de nombreux défis pour perdurer au XXIème siècle. Elle montre la voie de pratiques durables et responsables qui pourraient devenir un modèle de développement à l'échelle internationale. 

A l’issue de la conférence, Philippe Bouasse a présenté aux élèves sa collection de perles de Fidji et a échangé avec eux sur les particularités exceptionnelles de ces gemmes. 

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